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Témoignages Parole de jeunes "Je crois" À la Une
 

"Je crois"

Foi "aventurée", déplacée, risquée, mais aussi ravivée par la différence de l’autre, re-suscitée par les appels entendus et les témoignages imprévisibles… Les membres de la Communauté Mission de France disent ici, tour à tour, leur foi.

Novembre 2003

Jean-MarcJean-Marc Galau, 34 ans, a été ordonné diacre de la Mission de France en vue de devenir prêtre en juin dernier. Il fait partie de l’Equipe de Mission de Bussy St Georges (77), en région parisienne.

Trouver des mots pour dire sa foi, rien de plus difficile. Ma foi, c’est d’abord un agir, un faire. Elle s’enracine dans le partage, elle se vit au quotidien avec des hommes et des femmes, d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Expérience de la présence-absence de Dieu, relue, ruminée, confrontée avec d’autres en communauté d’Eglise, au sein de la Communauté Mission de France. Un dialogue ouvert avec ceux et celles qui, croyant ou pas en un Dieu, manifestent le désir de méditer sur ce qui donne sens à leur vie.

Il y aurait mille façons de dire l’aujourd’hui de ma foi. Pour l’heure, je n’en retiendrai qu’une seule : «Jésus se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint. Il verse ensuite de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint» (Jn 13,3-4)

Voilà Dieu qui se lève, s’agenouille et lave les pieds de chacun de ses invités. Le geste est simple, plein de délicatesse et pourtant il y a là un parfum de scandale. Dans cette attitude, toute logique de bienséance est inversée. Ce n’est pas le serviteur mais le Maître de maison qui lave les pieds des invités. Une manière bien surprenante d’accueillir ses hôtes. Que signifie un tel comportement de la part du Maître ? Comme Pierre, je suis scandalisé par une telle attitude : «Toi Seigneur, me laver les pieds !» (Jn 13,6). C’est à moi de lui laver les pieds et c’est le contraire qui se produit. Que dois-je faire ? Si, par fierté, je refuse de me laisser laver les pieds, je ne partagerai pas son repas… En conséquence, je n’ai pas d’autre choix que de m’abandonner entre ses mains, à son amour, mais aussi fort et agréable que soit ce face à face, je ne dois pas Le retenir, Le monopoliser. Je ne suis pas son seul invité. Son regard d’amour va de pieds en pieds, d’homme en homme.

Pour comprendre ce qui se joue ici, il me faut l’entendre dire «Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi». (Jn 13,14-15). A mon tour, je suis invité à prendre la tenue du serviteur en mémoire de cet Amour qui s’est jeté à mes pieds. Non pas un geste qui se voudrait le rappel nostalgique d’un acte accompli il y a fort longtemps, mais un geste qui dit l’aujourd’hui de la présence du Christ dans ma vie et dans celle de tout homme. A moi de servir mes frères, tous mes frères. •