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Christophe ROUCOU est prêtre de la Mission de France. Dès 1999, il a été directeur de l’Ecole pour la Mission. En 2006, les évêques de France lui ont confié le Service des Relations avec l’Islam * .

— Pourquoi une École qui offre une formation propre à la Mission de France ?
C. R. :
L’initiative, en 1999, en revient au Père Gilson, alors évêque de la Mission de France, pour répondre à une situation missionnaire nouvelle, un demi-siècle après la création, en 1942, du séminaire de la Mission de France par le cardinal Suhard. Il s’agit d’aider à témoigner de la foi aujourd’hui. Cela suppose de donner une formation théologique à une nouvelle génération d’acteurs pour la mission. Les chrétiens vivent leur foi dans un environnement nouveau et face à des questions nouvelles. Ils ont besoin d’outils neufs. C’est un service proposé aussi à l’Église de France.
Le terme “École” signifie aussi école de pensée théologique. Nous cherchons comment dire la foi reçue de l’Église avec les mots que nous recevons de ceux avec qui nous vivons et qui ne partagent pas forcément la foi chrétienne.

— Le terme “Mission” peut surprendre, il peut être perçu comme prosélyte…
C. R. :
“Mission” ne signifie pas conversion mais ouverture ! Vatican II l’a redit : « l’Église est envoyée par le Christ pour communiquer et manifester l’amour de Dieu à tous les hommes et à toutes les nations. » Comme tout amour, on peut le vivre, en témoigner, mais pas l’imposer ! Et comme dans tout amour, on reçoit de l’autre ! Pour nous, la foi se vit dans la rencontre et le dialogue avec ceux qui ne partagent pas la foi chrétienne.

— Huit ans après la création de l’École pour la Mission, quel bilan peut-on faire ?
C. R. :
L’École pour la Mission propose les Parcours de croyants pour découvrir la Bible, et le Parcours fondamental pour initier à la théologie dans un souci de formulation contemporaine. En plus, chaque année, une session spirituelle est proposée aux prêtres et diacres de tous les diocèses.
Ils sont plus d’une centaine à avoir suivi le Parcours fondamental, femmes et hommes, plusieurs jeunes couples, des prêtres. À l’École pour la Mission, se forment ensemble des ministres ordonnés, prêtres ou diacres, et des laïcs chrétiens, car ils portent la mission ensemble. Treize diocèses ont financé un(e) participant(e). Les séminaristes de la Mission de France s’y joignent, et pour eux, la présence de laïcs est riche. En première année, les “étudiants” découvrent avec bonheur la Tradition et les Pères de l’Église, les sources de la foi et les contextes historiques où vivaient les chrétiens. Ils sont heureux d’élaborer une parole de foi. Ils entendent des intervenants d’horizons variés, des témoins de Chine, d’Amérique latine. L’un d’eux, professeur d’université, évangéliste, de retour chez lui en Chine, libéré d’une lecture fondamentaliste, anime un groupe de lecture de la Bible parmi ses collègues…
Quant aux Parcours de croyants créés en 1976, plus d’un millier de jeunes les ont suivis. La demande reste forte. Les sessions ont lieu non seulement à Paris, mais à Lyon, Rennes ou Brest ; une excellente occasion de tisser des liens avec les Églises locales.

— L’équipe d’animation se renouvelle...
C. R. :
Jusque-là, Jean-Marie Ploux et moi en avions la responsabilité. Dès l’été 2007, le binôme sera constitué de Anne Soncarrieu et Philippe Deterre, en lien avec Jean-Marie. Diplômés en théologie, ils restent sur leur terrain de mission puisqu’ils conservent leurs métiers. Philippe est chercheur scientifique, Anne est enseignante en Zep.

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* Service des relations avec l’Islam 01 42 22 03 23
www.le-sri.com

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