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Pourquoi avez-vous souhaité
suivre la formation du Parcours Fondamental ?
V. B.-P. : De retour en France à vingt-cinq ans, après
plus de deux ans passés à Madagascar comme volontaire, je
me suis trouvée membre de léquipe nationale des Scouts
de France. Dans le cadre des formations de responsables Scouts adultes,
je ne me sentais pas vraiment capable danimer les ateliers sur lIntelligence
de la Foi. Et puis, dans mon milieu familial catholique, on pratique,
mais on ne parle pas de sa foi. Dieu est plutôt un sujet tabou.
Javais tout autant besoin de formation que de vérification.
Ma foi était-elle seulement culturelle ? Était-elle
mon choix ? Ma relation à Dieu était-elle vraiment
personnelle ?
Comment ces deux années vous ont-elles rendu service
?
V. B.-P. : Jy ai acquis des points de repère précieux.
Je my réfère en permanence, notamment lors de lectures
diverses auxquelles jaccède de façon plus pertinente.
Prier avec les Psaumes fut aussi une découverte forte
Au-delà
de la richesse du contenu, jai été marquée
par les personnes. Rencontrer des intervenants aux sensibilités
si variées, dominicains, jésuites, assomptionnistes ou agnostiques,
capables de passer deux jours avec une dizaine de gens curieux de leur
foi, cest une chance exceptionnelle ! De plus, notre formation
sest déroulée à Poitiers. Nous étions
accueillis par Albert Rouet qui nous a parlé des communautés
chrétiennes locales. Cest encourageant de rencontrer un évêque
qui a le goût dinventer avec des laïcs !
Quest-ce qui vous a surpris ? Cette formation a-t-elle
déplacé quelque chose ?
V. B.-P. : Je me suis sentie apaisée ! Tout simplement
de rencontrer des gens capables de vivre lÉvangile dans le
monde, dans la simple rencontre avec les autres. Auparavant, à
loccasion de mes nombreux déplacements pour les Scouts, jétais
affectée par les discours contradictoires que jentendais
sur lÉglise, parfois despérance, parfois de
repli. Jai dépassé cela. Cest une chance que
les chrétiens soient minoritaires. Ils doivent inventer. Nous navons
quune question à nous poser : que faisons-nous pour
être accueillants, pour être une vraie communauté ?
Dans notre groupe, il y avait un prêtre qui avait passé dix-huit
ans au Brésil, une femme récemment baptisée, une
aide-soignante, un informaticien, une conseillère en économie
sociale et familiale
Que la Mission de France arrive à faire
se rencontrer des personnes de milieux si divers, quelle richesse !
Ce que jai découvert de la Communauté Mission de France
ma construite. Il se vit là une présence dÉglise
davant-garde, une intuition totalement pertinente pour aujourdhui.
Même si je nen suis pas membre, me sentir en affinité,
connaître sa vitalité, est pour moi essentiel. Cest
une source despérance. Depuis, ma vision de lÉglise
est très différente. Je la perçois de façon
positive, avec plus denthousiasme. Au fond, cette formation a été
pour moi un moment fort de vie en Église. Je continue à
en vivre.

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