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Véronique BOSSEPLATIÈRE, 33 ans, est mariée avec Jérémie, mère de Jeanne et Maël. Elle est responsable d’un organisme de formation pour jeunes en difficulté d’insertion. Elle a suivi la formation du Parcours fondamental de 2000 à 2002.

— Pourquoi avez-vous souhaité suivre la formation du Parcours Fondamental ?
V. B.-P. :
De retour en France à vingt-cinq ans, après plus de deux ans passés à Madagascar comme volontaire, je me suis trouvée membre de l’équipe nationale des Scouts de France. Dans le cadre des formations de responsables Scouts adultes, je ne me sentais pas vraiment capable d’animer les ateliers sur “l’Intelligence de la Foi”. Et puis, dans mon milieu familial catholique, on pratique, mais on ne parle pas de sa foi. Dieu est plutôt un sujet tabou. J’avais tout autant besoin de formation que de vérification. Ma foi était-elle seulement culturelle ? Était-elle mon choix ? Ma relation à Dieu était-elle vraiment personnelle ?

— Comment ces deux années vous ont-elles rendu service ?
V. B.-P. :
J’y ai acquis des points de repère précieux. Je m’y réfère en permanence, notamment lors de lectures diverses auxquelles j’accède de façon plus pertinente. Prier avec les Psaumes fut aussi une découverte forte… Au-delà de la richesse du contenu, j’ai été marquée par les personnes. Rencontrer des intervenants aux sensibilités si variées, dominicains, jésuites, assomptionnistes ou agnostiques, capables de passer deux jours avec une dizaine de gens curieux de leur foi, c’est une chance exceptionnelle ! De plus, notre formation s’est déroulée à Poitiers. Nous étions accueillis par Albert Rouet qui nous a parlé des communautés chrétiennes locales. C’est encourageant de rencontrer un évêque qui a le goût d’inventer avec des laïcs !

— Qu’est-ce qui vous a surpris ? Cette formation a-t-elle déplacé quelque chose ?
V. B.-P. :
Je me suis sentie apaisée ! Tout simplement de rencontrer des gens capables de vivre l’Évangile dans le monde, dans la simple rencontre avec les autres. Auparavant, à l’occasion de mes nombreux déplacements pour les Scouts, j’étais affectée par les discours contradictoires que j’entendais sur l’Église, parfois d’espérance, parfois de repli. J’ai dépassé cela. C’est une chance que les chrétiens soient minoritaires. Ils doivent inventer. Nous n’avons qu’une question à nous poser : que faisons-nous pour être accueillants, pour être une vraie communauté ?
Dans notre groupe, il y avait un prêtre qui avait passé dix-huit ans au Brésil, une femme récemment baptisée, une aide-soignante, un informaticien, une conseillère en économie sociale et familiale… Que la Mission de France arrive à faire se rencontrer des personnes de milieux si divers, quelle richesse !
Ce que j’ai découvert de la Communauté Mission de France m’a construite. Il se vit là une présence d’Église d’avant-garde, une intuition totalement pertinente pour aujourd’hui. Même si je n’en suis pas membre, me sentir en affinité, connaître sa vitalité, est pour moi essentiel. C’est une source d’espérance. Depuis, ma vision de l’Église est très différente. Je la perçois de façon positive, avec plus d’enthousiasme. Au fond, cette formation a été pour moi un moment fort de vie en Église. Je continue à en vivre. •

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