|
|
|
Quest-ce qui te passionne, dans le Parcours de croyants
que tu animes ?
M. Le B. : Cest de voir comment, dans un groupe, lEcriture
devient parole, une parole qui circule entre les personnes et qui nourrit
profondément lhumanité de chacune. Cette Parole
fait surgir des vivants et se mettre debout ceux qui acceptent de sy
livrer. Bien sûr, on peut lire la Bible tout seul. Mais je sais
ce que lon peut entendre de lautre qui est près de
nous. Cest une expérience fondamentale, humaine et chrétienne.
Elle est le fait de personnes qui vivent peines et joies. Cest,
en même temps, témoigner de la présence du Ressuscité
parmi nous. Même sil y en a qui ne vont pas jusquà
professer la foi en Jésus-Christ, ils trouvent là un chemin
pour leur vie. Je fais la différence entre une étude de
ou sur la Bible et cette manière de la lire ensemble : il ne
sagit pas dapplications après lecture, mais dune
implication personnelle dans la parole que lon est en train découter.
Pourrais-tu en dire un peu plus sur ta manière
de faire, pour assurer cette lecture ?
M. Le B. : Cette année, jai choisi des textes phares
autour de la manière dont Dieu rencontre et appelle. Jutilise
les ressources dune lecture figurative de la Bible
: à partir d'une réalité de la vie, le pain
par exemple, la figure dans la Bible nous ouvre à quelque chose
de plus grand, de l'ordre du mystère. De même, la figure
du frère à travers plusieurs textes qui, présentant
des frères, montrent que lon est appelé à
dautres choses que la fraternité naturelle, comme on le
voit de Caïn et Abel à Marthe et Marie
Et dautres
encore ! Ces figures révèlent et cachent, en même
temps, des réalités sur lesquelles nous navons pas
la mainmise.
Quapporte la vie en commun pendant les temps
de rencontre ?
M. Le B. : La connaissance mutuelle, la prière commune, leucharistie
du dimanche, sont des choses auxquelles je suis dautant plus sensible
que, dans mon diocèse, je suis chargée de la pastorale
liturgique et sacramentelle. La prière et les rites de lÉglise
ont une résonance dans la vie. Les invités au repas
du Seigneur qui sont proclamés heureux ne sont
pas que ceux de la communauté rassemblée ; la fraction
du pain appelle dautres partages.

|