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Anne Soncarrieu, 47 ans, enseigne la technologie dans un collège en ZEP des Hauts de Seine. Elle fait partie de l’Equipe de Mission de Gennevilliers (92).
J’ai choisi ce métier il y a 20 ans, en étant surveillante pendant des études d’architecture. J’ai tout de suite aimé ce travail où on aide les élèves à bâtir leur avenir. Et cela ne m’a jamais lassée depuis. J’ai la chance d’avoir une matière où il n’y a pas qu’une réflexion théorique, mais où la place de la pratique est importante : on travaille aussi avec ses mains ! Et ce n’est pas parce qu’un élève est en difficulté dans certaines matières qu’il ne trouvera pas le domaine où il découvrira quelque chose de positif de lui-même. J’essaie de faire place à chaque élève, quels que soient les moyens qu’il a. Il faut que chacun aille aussi loin qu’il peut : un pas ou dix pas. J’essaie aussi de ne jamais m’arrêter à un jugement sur un élève. On ne peut limiter quelqu’un à une année catastrophique. Même très en colère contre un élève, j’essaie de redémarrer avec lui au cours suivant.
Cela ne va pas sans exigences, bien sûr. On ne peut laisser tout faire, et, comme tout prof, je sais être sévère. C’est que je continue d’espérer en chacun. •

Nicolas Renard, 55 ans est principal d’un gros collège de ZEP en région parisienne. Marié, père de trois enfants, il fait partie de l’équipe "précarité" de la Communauté Mission de France.
C’est une double chemin, personnel et vécu avec d’autres, qui m’a conduit à ce poste. Personnellement, je ne peux concevoir une foi en Dieu qui ne passe par un accueil de l’autre, en priorité de celui qui n’a rien. C’est ainsi, qu’initialement professeur de philosophie, je me suis tourné vers l’enseignement professionnel en ZEP puis vers la direction d’établissement, après quelques années dans un poste de coordination de cette même ZEP. Ce choix s’est appuyé sur une réflexion menée avec la Mission de France ; réflexion qui continue aujourd’hui avec mon équipe et qui m’aide à maintenir le cap.
Pour moi donc, dire que la religion est une affaire privée n’a pas de sens. C’est une dimension fondamentale de la vie qui doit trouver une expression sociale. L’enjeu dans le débat actuel sur la laïcité est de trouver quelle est la juste place à donner au fait religieux dans notre société si diversifiée. C’est une réflexion que nous menons de manière très riche dans mon établissement puisque mes deux collègues sont, pour l’un musulman, pour l’autre très anti-clérical ! •