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Réseau Séparés,
divorcés et divorcés-
remariés
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Témoignages :
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Proposition |
Témoignage : Guy de Lachaux, prêtre dans lEssonne,
est depuis longtemps proche de la Mission de France. Il rencontre
des personnes divorcées depuis une vingtaine dannées.
Il fait part de son expérience dans un livre récent
Accueillir les divorcés,
lEvangile nous presse !
(Editions de lAtelier)
Pourquoi ce livre ?
G. de L. : Le temps est venu de mettre par écrit
mes expériences et réflexions. Ce sont des choses trop
importantes pour les laisser se perdre. Dautres vont sen
emparer et continueront à leur manière.
Tant que lEglise sera obnubilée par le remariage des
divorcés, elle ne pourra pas envisager la vraie question, celle
des divorcés tout court. Or, ils entrent dans un processus
de grande souffrance, même sils cherchent très
souvent à le cacher. LEglise doit, avant tout, être
présente auprès de ces personnes, car leur situation
les tenaille intérieurement jour et nuit. Quand regarderons-nous
les personnes avant la doctrine ?
Quest-ce qui te parait le plus fort dans ce que tu
vis avec eux ?
G. de L. : Jai découvert peu à peu,
dans mon ministère de prêtre, que la Parole de Dieu est
dune force inouïe et quelle permet de se reconstruire.
Les personnes divorcées ont droit quune Parole de Dieu
leur soit adressée qui les aide à reprendre pied, à
retrouver un chemin de vie.
Près de 50 % de couples divorcent, quen
penses-tu ?
G. de L. : Nous ne pouvons pas assister à léchec
de lamour et le passer par « pertes et profits ».
Comment peut-on croire en Dieu Trinité, Dieu amour, et accepter
que lamour soit en échec ! Cest plus quun
échec, cest une débâcle. Notre société
exacerbe lamour et, en même temps, accepte quil
ne soit quun sentiment passager, sans consistance durable. Avec
les associations qui travaillent à la réussite de lamour,
nous avons à chercher des chemins pour que les couples ne soient
pas figés dans cet échec. Pour nous chrétiens,
cest une urgence, car lamour est constitutif de lhomme
et de notre foi.
Et le sacrement de mariage ?
G. de L. : Nous ne pouvons pas non plus accepter que le
sacrement de mariage soit mis en échec. Quand un couple se
sépare et que lamour nexiste plus, comment affirmer
que le sacrement est toujours là ? Dans la société
actuelle, il y a une tension entre le désir dun amour
fort, sensible, et dun autre côté, le désir
dune autonomie personnelle. Cela nous oblige à poser
la question de savoir comment la révélation du Christ
peut être efficace dans notre monde daujourdhui.
Nous admettons que la « chrétienté »
nexiste plus, mais nous conservons les mêmes pratiques
pastorales, un peu rafistolées, sans prendre acte que ça
ne fait plus sens. Notre manière de donner le sacrement, aujourdhui,
est inefficace. Il faut nous interroger : quels chemins faut-il
prendre pour quil développe toute sa force de vie ?
Témoignage : Après son divorce, Edwige
sest sentie exclue. Grâce aux échanges avec les
membres de léquipe Mission de France de Vendée,
sa foi en Dieu sest renouvelée.
Jai divorcé en 1996. Avec Laurent, nous
nous sommes rencontrés en 2000. Lorsque, nous avons décidé
de nous marier, en 2002, un prêtre a refusé denvisager une
célébration. Nous avons alors pensé : « ce
nest plus pour nous ». Puis nous avons voulu préparer
une fête avec un moment un peu solennel. Le lieu choisi étant
à proximité dune chapelle, nous avons souhaité
avoir lautorisation de la mairie ; là, on nous a
conseillé de contacter le diocèse dont dépend
cette chapelle. Cest au diocèse que lon nous a
signalé l « Atelier divorcés remariés ».
Nous avons préparé notre fête avec ce groupe.
Depuis, on ne sest plus quitté
Laurent, mon mari est plus à laise que moi dans sa relation
avec Dieu et lEglise. Mon éducation vendéenne
ma laissé limage dun Dieu sévère.
Après mon divorce, je me suis sentie punie et exclue. Punie
davoir aimé sans avoir su faire vivre durablement la
relation, et exclue du droit à aimer à nouveau.
Invitée à témoigner lors dune émission
radio de RCF, jai fait part de mes incertitudes. Michel, prêtre
et membre de l« Atelier divorcés remariés »,
a relevé : « le doute fait partie de la foi ».
Ce fut pour moi une découverte merveilleuse.
La famille sest agrandie. Léa-Anna, seize ans, née
de mon premier mariage, est devenue la grande sur de deux petits
garçons. En 2003 est né mon fils Colas et, dans la nouvelle
famille de son papa, est né Arthur. Ma fille a eu à
retrouver sa place. Dans ses moments dinquiétude, elle
disait « Colas a une famille entière, Arthur aussi,
moi je nappartiens à aucune en entier ». Son papa
nétant pas croyant, elle na pas eu déducation
religieuse. Elle est donc un peu partagée entre ne pas
croire, comme son papa, et parler de Dieu, comme sa maman
, avec
la crainte de trahir lun ou lautre. Mais elle parle de
tout cela avec plaisir et, lors de rencontres informelles avec les
membres de l « Atelier », elle est très
heureuse de les retrouver. Elle est touchée par la qualité
de leur écoute et la simplicité des échanges.
Nous pensons à préparer Colas au baptême. Pour
Noël, nous lui parlons de la naissance de Jésus. Mais
ce nest pas encore mûr, toute la famille a encore besoin
de progresser.
À l « Atelier divorcés remariés »,
chacun sexprime selon sa foi, en tant que baptisés.
Ils mémerveillent ! Je navais jamais rencontré
une telle ouverture auparavant. Je peux parler de Dieu, de mes doutes,
sans tabou. Ma foi, telle quelle est, a toute sa valeur. Si
notre famille est sereine, cest aussi grâce à eux.
Une grande joie !
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