Clin d'oeil
Si
lassemblée générale était
Une couleur
ce serait un arc-en-ciel pour la diversité du groupe.
Jai aimé ce grand mélange dâges,
depuis la présence détonante du Service-Jeunes,
à celle plus sage des anciens, en passant par la vitalité
d'une nouvelle génération de jeunes familles,
sans oublier les enfants. Jai aimé la variété
des situations, prêtres, laïcs, religieux et même
évêques, la panoplie des engagements dont on a
pu voir un aperçu au cours de la journée festival.
Un rendez-vous de couleurs qui tranche avec la grisaille ambiante.
Si lassemblée générale
était
Une fleur
je
choisirais la gentiane étoilée pour la gratuité
de sa beauté. Quand on contemple une gentiane, on ne
peut oublier lintensité de son bleu. Ce nest
pas grand-chose mais cest si puissant ! 450 personnes
qui se réunissent pendant trois jours, ça ne va
pas révolutionner le monde, ni léglise
Et pourtant cette assemblée générale m'a
redonné du souffle, a remis du sens aux petits sentiers
que je traverse en Tarentaise. Après les tumultes de
ces dernières années, la recherche de la place
des laïcs dans la Mission de France, les essais avortés
de ministères reconnus, la fin de lassociation
Galilée
Cette assemblée générale respirait la paix
des petites gentianes.
Si lassemblée générale
était
Une musique
je choisirais une « symphonie inachevée
».
Daprès le Petit Robert, une symphonie est un «
ensemble de sons consonants ». Oui, il y avait de la consonance
entre nous, une sorte de complicité où chacun
apporte sa petite touche musicale sans complexe. Les groupes
de travail du premier jour ont fait émerger une symphonie
dexpériences dans un climat découte
et de respect. Nous avons relevé le défi de la
rencontre et du dialogue au sein de notre propre assemblée
générale, et ce nest pas rien !
Symphonie « Inachevée » parce que nous nétions
pas sur une ligne darrivée mais à un point
étape où lon vient ajuster sa partition
au projet collectif ! Le chantier est inachevé. Des débats
sont ouverts ; je pense notamment sur la vie déquipe
et sur les ministères.
Accueillir linachevé mapprend lhumilité
des petites choses.
Si lassemblée générale
était
Un animal
. Ça
serait un castor. Parce que nous sommes aussi de cette race
des rongeurs qui avec leurs petites dents sattaquent à
de gros arbres que lon pourrait appeler individualisme,
injustice, libéralisme. Les castors coopèrent,
mettent en commun leurs efforts pour construire des digues qui
font barrage à ce qui écrase et détruit
la vie.
Je suis rodée aux assemblées générales
et aux débats passionnés qui caractérisent
la Mission de France et, cette année, jai été
poussée par la fraîcheur et lenthousiasme
des jeunes castors. Dans mon groupe de travail, je me suis retrouvée
avec cinq personnes de moins de quarante ans. Leurs manières
de vivre, de travailler, denvisager la vie déquipe
sont nouvelles mais la même exigence missionnaire traverse
les générations.
Je suis émue de cette coopération
entre
castors.
Si lassemblée générale
était
Une habitation, j'opterais
pour une tente touareg plantée en plein vent, ouverte
aux marcheurs, pleine de rires, de chants et d'échanges.
Elle sent bon les épices, le pain cuit au feu de bois
et le thé à la menthe. On aime s'y poser le temps
de refaire ses forces avant de reprendre la marche. Cette assemblée
générale avait l'allure des campements provisoires
qu'on aimerait prolonger.
Mais chacun est reparti sur sa route, avec de bonnes tranches
de fraternité au fond de sa besace pour les partager
avec les compagnons de marche.
Maryno Bodinier, le 17
novembre 2007