Pour devenir
diacre
pour le service
de la mission

 

Le dimanche 6 avril, notre ami Laurent a été ordonné diacre par Monseigneur le Père Patenôtre, archevêque de Sens-Auxerre et prélat de la Communauté Mission de France.
Nous avons voulu donner la parole à celui qui forme et participe à l’accompagnement des diacres à la Mission de France.

« L’ordination diaconale de Laurent est un signe fort pour toute la communauté ! »

— Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Yves Petiton, j’ai 55 ans. Je suis prêtre depuis 26 ans. J’exerce un métier en qualité de médecin d’enfants. A la Mission de France, je suis impliqué dans la formation des diacres et des prêtres. Le fait que prêtres et diacres aient les mêmes responsables de formation n’est pas anodin, et c’est assez original dans l’Eglise. Cela apporte plus de richesse et de complémentarité car, une fois ordonnés, ils seront appelés à travailler en équipe.

— Pouvez-vous nous rappeler quelques éléments clés sur le diaconat ?
vEn 2006, l’Eglise de France a fêté les quarante ans de la restauration du diaconat. C’est très peu au regard de l’histoire chrétienne. Cette relance par le Concile Vatican II , avait pour but de repositionner l’Eglise « servante et pauvre » au cœur de l’Humanité. Le diacre est, dans ce sens, le signe du Christ serviteur, au milieu de tous.
Dans les années 30, il existait en Allemagne des « diaconies », sortes d’œuvres de charité. En France à cette époque-là, Mgr Rodhain, du Secours Catholique, demandait aussi la restauration du diaconat.
Dans les années 70 en France, les évêques de France ont décidé de développer ce ministère pour toucher trois réalités humaines : les pauvres, les incroyants et les décideurs.

— Y a-t-il un « portrait-robot » du diacre ?
Plus de 90% des diacres sont mariés ou veufs, et pères de famille, souvent nombreuse. La plupart aussi ont ou ont eu une profession. Fin 2004, leur âge moyen était de 60 ans environ et ils sont ordonnés en moyenne autour des 50 ans. Environ 42 % sont actuellement retraités. En 2007, il y a en France plus de 2100 diacres permanents (pour environ 24000 prêtres). On ordonne de nos jours presque autant de diacres que de prêtres.

— Les diacres en activité professionnelle sont-ils « étiquetés » ?
Ah : dire ou ne pas dire qu’on est diacre ? Je laisse à la sagacité des lecteurs cette phrase du Père Patenôtre « L important est de ne parler de Dieu que si on vous le demande mais de vivre de telle sorte qu’on vous le demande ».Dans tous les cas, la place du diacre s’exprime dans un témoignage de vie.

— Quelles sont les fonctions du diacre ?
L’Evangile évoque à plusieurs reprises « le serviteur fidèle à qui le maître de maison a confié la charge de la nourriture en temps voulu à tous les gens de la maison ». On peut envisager trois postures pour le diacre :
• Le serviteur, homme ordinaire d’une église servante et pauvre qui cherche à favoriser une fraternité universelle.
• Le veilleur, dont la place et le témoignage doit nous aider à ne pas sombrer dans l’indifférence. Ainsi, dans le milieu de la banque, il s’agit de voir des visages derrière les chiffres.
• L’éveilleur qui, dans la vie ordinaire, fait surgir la figure du Fils de l’Homme, à la faveur de rencontres et d’échanges sincères et vrais.

— Pourquoi diacre à la Mission de France ?
La Mission de France est un des moyens que les évêques de France se sont donnés pour rejoindre ceux qui ne connaissent pas l'Evangile. Laurent est envoyé dans une équipe de mission, aux cotés de Pierrick et Jean Marc, prêtres, et de laïcs, Chantal et Olivier, Hugues et Denis. Ils sont chargés de témoigner de l’Evangile dans leurs lieux de travail, d’habitat ou de loisirs et d’aider les communautés à une expression renouvelée de la foi chrétienne.

— Pourquoi toute la communauté peut-elle se sentir concernée ?
Le ministère des diacres trouve toute sa place dans l’ambition qui consiste à faire du quotidien, au milieu de tous, le pivot de la vie et du témoignage de la foi. Et d’une manière générale, nous tous, en tant que chrétiens, nous sommes appelés à être témoins des appels de nos prochains. A travers la multitude de nos rencontres, nous pouvons œuvrer à faire lever la pâte de notre monde. C’est dans ce sens que l’ordination diaconale de Laurent est un signe fort pour toute la communauté.L’ordination de Laurent est une fête ?
C’est pour tous une invitation comme le disait Madeleine Delbrêl à « vivre l’extraordinaire de la rencontre dans l’ordinaire des jours ».

Propos recueillis par Guillaume FERY

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Paru dans Notre Dame du val Info, avril 2008, « L’invité du mois : Père Yves Petiton, supérieur du Séminaire de la Mission de France ».

A consulter : le site internet du Comité national du diaconat : http://www.diaconat.cef.fr/

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