Ordination
2009

Nous remercions la revue PANORAMA de nous autoriser à publier sur notre site ce témoignage recueilli par Christophe Henning, paru dans le numéro 455 de juin 2009.

Vivre la foi au cœur des médias

D’abord étudiant en médecine, puis engagé dans l’humanitaire, il décide ensuite de devenir… journalise. Le 20 juin, fidèle à sa foi, Jacques Duplessy est ordonné diacre pour la Mission de France : « C’es cette aventure que j’ai envie de vivre. » Il a 36 ans.

Je suis né dans une famille franco-polonaise de la région parisienne. Nous passions nos vacances en Pologne et je me souviens du rationnement, de la censure, du passage du mur de Berlin. C’est ce qui m’a amené à me mobiliser pour Solidarnosc. À 15 ans, je donnais un coup de main à la résistance anti-communiste en passant des « valises »…

En 1989, tout jeune étudiant en médecine, je participe à la création d’une association humanitaire, le Comité d’aide médicale, qui voulait apporter des médicaments en Pologne. Un couple de médecins m’a reçu, alors que je menais là-bas une mission d’évaluation. L’épouse était spécialisée dans les maladies infectieuses et m’a expliqué qu’elle n’avait d’antibiotiques que pour soigner un patient sur deux. Elle devait choisir qui elle tenterait de sauver. Sur le mur de ma chambre, il y avait un crucifix : un jour, j’ai été profondément bouleversé et j’ai compris que cet univers absurde était traversé par la mort et la résurrection du Christ. J’ai commencé à prier, à lire les Évangiles. Je n’osais en parler à personne.…

J’ai ensuite effectué une mission en Hongrie. Là encore, ce sont des médecins qui m’ont accueilli. Ils étaient très croyants. Mon hôtesse étant gravement malade, j’ai fini par passer un « marché » avec Dieu : si ses résultats médicaux étaient bons, je demanderais à recevoir la confirmation. Ils étaient bons… Du coup, à Paris, j’ai pris contact avec l’aumônerie étudiante. Au cours de la préparation, j’ai senti que ce que j’avais reçu allait occuper toute ma vie. De quelle manière ? Je l’ignorais. Je voulais relier ma vie et ma foi. Après des études en « relations internationales », je suis devenu directeur de mon association humanitaire. Un travail passionnant. À 30 ans, j’ai fait une retraite ignatienne de trente jours, à l’issue de laquelle mon désir d’une vie consacrée et au service du monde s’est confirmé.

J’ai alors rencontré la Mission de France à un moment clé de son histoire : j’ai vécu, en août 2002, sa refondation en « communauté », c’est-à-dire qu’elle ne se composait plus seulement de prêtres et de diacres, mais aussi de laïcs, de couples… J’étais à l’aise avec son charisme de dialogue avec ceux qui ne partagent pas notre foi. J’ai vite senti que je pouvais y vivre, avec des prêtres, des diacres et des laïcs, « une certaine manière de faire corps et de permettre à tous de vivre la radicalité de l’Évangile. » J’ai été touché par la dimension fraternelle, alors même que nous sommes très différents et dispersés pour remplir cette mission d’une présence de l’Église « au loin », à l’écoute du monde… La rencontre de l’autre passe d’abord par l’écoute et la vie ensemble.

Après dix ans de recherche, j’avais trouvé ma famille spirituelle. Ma formation en théologie terminée, j’ai été envoyé vers le monde des médias. L’an dernier, j’ai repris des études en alternance pour devenir journaliste. Aujourd’hui, je travaille au sein d’une rédaction d’un journal en Pays-de-la-Loire. Là, je suis simplement un collègue parmi d’autres. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Ce 20 juin, je serai ordonné diacre à Pontigny, dans l’Yonne, par Mgr Patenôtre, avant de devenir prêtre bientôt. Je vais finir ma formation de journaliste et travailler dans ce domaine. Finalement, diacre et journaliste, je suis invité à vivre l’Évangile en posant chaque jour un regard neuf sur le monde. C’est cette aventure que j’ai envie de vivre ! •

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