Jacky
Tinchant, 65 ans, diacre du diocèse de Meaux, est
un des trois membres de léquipe de formation du
séminaire. Avec sa femme Marie-Thérèse, il fait
aussi partie de lÉquipe de Mission Jean-Baptiste, en
région parisienne. Ils ont 5 enfants.
Comment fonctionne léquipe
de formation ?
J. T. : Lobjectif
de léquipe est de permettre à des jeunes, qui
se posent la question de devenir prêtre à un moment donné
de leur vie, de choisir et sengager. Quelle que soit lorientation
prise, la décision du séminariste doit être libre
et réfléchie.
Nous les aidons à mûrir leur projet et à vérifier
ladéquation de celui-ci avec la mission de lÉglise.
Cette réflexion se fait dans un cadre institutionnel, au sens
noble du terme, cest-à-dire dans ce qui est institué
pour le bien des personnes et de la mission.
Il y a dans cette responsabilité un mélange de gravité,
de sérieux et de profondeur : ces jeunes sen remettent
à nous, nous confiant, pour un temps, leur projet. Il y va
de leur bonheur et de celui des gens quils croiseront sur leur
route.
Pour y parvenir, léquipe est indispensable, palliant
les limites de chacun et permettant de confronter les points de vue.
Nos décisions sont toujours laboutissement dun
long dialogue, où lon nessaye pas davoir
raison mais de trouver quelle proposition sera la meilleure pour le
jeune.
Sur quoi tappuies-tu dans cette tâche ?
J. T. : Cette forme daccompagnement sappuie,
je crois, sur des valeurs chrétiennes que mon expérience
professionnelle comme professeur de sport ma permis de développer.
Jy ai rencontré à la fois des élèves
qui avaient des capacités sportives énormes mais une
mentalité qui risquait de leur faire gâcher leur vie,
et dautres totalement inhibés, en grande souffrance,
qui se croyaient incapables de tout. Mon objectif a toujours été
daider les uns et les autres à trouver confiance en eux
pour quils déploient ce quils portent ou modèrent
certains comportement.
Prendre soin dun jeune, ce nest pas le mettre dans une
situation confortable ou faire les choses à sa place, mais
le mettre devant des exigences que lon considère bonnes
pour lui et qui vont permettre à son potentiel de sexprimer.
Je crois que cest là un chemin de bonheur.
Comment vis-tu cet engagement ?
J. T. : Japprécie sa dimension de service.
Depuis sept ans que jai reçu cette responsabilité
de lévêque, je nai pas limpression
dêtre lexécutant dune institution.
Bien sûr, je sais où je suis, jai repéré
les grandes intuitions de la Mission de France, qui correspondent
dailleurs à mon approche de la société,
du ministère
Mais cest librement que jy adhère
car je peux vérifier que cest bon pour les jeunes qui
nous sont confiés. Cest une chance de pouvoir à
la fois labourer, semer et voir des fruits.
Et puis, par les rencontres, la confiance partagée, jai
encore appris sur lhomme et sur Dieu en lhomme :
je continue à découvrir comment lhomme devient
grand quand lamour de Dieu peut sépanouir en lui.