Chemins de croyants

 

Jean-Christophe, en cours de formation au séminaire de la Mission de France, lors d’une célébration :
Tous ces fous de Dieu…


Je voudrais commencer par vous faire une petite confidence… Mais surtout ne le répétez à personne.
Vous voyez le prêtre qui est assis derrière moi ? Eh bien, il est complètement fou ! Mais le pire, c’est qu’il n’y a pas que lui qui est complètement fou. Les bonnes sœurs, les diacres, les consacrés, eux aussi sont complètement fous. Et les couples mariés… je n’en parlerai même pas… Mais ces fous là, je les admire.
Oui, j’admire tous ces fous de Dieu, tous ces gens qui, un jour, ont eu le courage et même la force d’abandonner les soucis, la peur du ridicule, le stress dans leur cœur pour oser rendre présent Jésus-Christ, non pas à côté du monde, mais bien au cœur de notre monde.
C’est vrai, je le reconnais : ceux qui répondent à de telles vocations prennent de véritables risques. Mais risquer c’est vivre. Celui qui ne prend pas de risque ne fait rien, n’a rien, n’est rien. Alberto Hurtado, un jésuite d’Amérique latine, disait : " Il vaut mieux avoir l’humilité d’entreprendre de grandes choses au risque d’échouer que de tomber dans l’orgueil de vouloir réussir en se repliant sur soi-même. "
Alors osons prendre des risques. Osons nous lancer. D’ailleurs, Jésus ne nous a pas dit : " viens, ta foi t’a sauvé ", mais " va, ta foi t’a sauvé ". Cela change tout !
Alors à mon tour, et comme tous ces fous de Dieu, je désire transmettre le goût de Dieu, l’espérance, la joie. Notamment à tous ceux qui se sentent perdus, exclus, oubliés. Redonner un zeste d’espérance à tous ceux qui ont le sentiment de n’exister pour personne devient pour moi, non une préférence, mais une réelle priorité.
En effet, quand on a rencontré cela, cette pauvreté, je vous assure qu’on ne peut plus se contenter d’une vie tiède, plate et sans audace ; on ne peut plus se contenter de parler de la vérité sans jamais oser la vivre.
C’est pourquoi, aujourd’hui, je me sens vraiment appelé à partager la vie des plus pauvres. Et même si ce désir peut paraître démesuré, absurde, et complètement fou aux yeux de certains, pour moi, il me semblera toujours plus absurde de ne pas se lancer, de ne pas se risquer de peur de trop donner. Non, pour moi, une vocation qui n’est pas dépassante est déjà dépassée. Pitié pas d’amour " guimauve " !...
Thérèse d’Avila disait qu’on n’avait pas le droit de minimiser les désirs qu’on avait reçus de Dieu. Alors si, aujourd’hui, j’ai le profond désir de partager la vie des plus pauvres, j’en rends infiniment grâce à Dieu. Et parce que ce désir n’est pas de moi, j’espère le garder à jamais au fond de moi. • Jean-Christophe

Autres témoignages
>> Bruno : deux ans en Tunisie
>> Jean-Marc : une vocation qui naît au travail
>> Henri : des événements fondateurs

fermer