Le parcours de formation

 

Frédéric, 26 ans, et Bruno, 30 ans, sont en 5e année de séminaire. Ils vivent en appartement dans une cité populaire d’Ivry-sur-Seine (94), avec Hervé, un troisième séminariste.

— Comment vous organisez-vous dans l’appartement ?
B. R. :
Nous nous prenons en charge pour la vie quotidienne : courses, cuisine, tâches ménagères… et ça se passe bien ! Ce qui est au centre de notre vie en communauté, ce sont les études. Nous sommes donc attentifs à respecter le rythme de chacun pour qu’il puisse travailler calmement. Nous prenons des temps pour la re-lecture et le partage de vie lors de nos réunions d’équipe, en présence d’un accompagnateur. Nous avons également établi un temps de prière quotidien et une eucharistie hebdomadaire dans l’appartement. Nous veillons aussi à ne pas rester fermés sur notre petite vie entre nous en accueillant les amis des uns et des autres, de passage en région parisienne.

— Et dans la cité, quelle présence avez-vous ?
B. R. : Nous essayons d’abord d’être disponibles à ce qui se vit ici, attentifs à nos voisins… Par exemple, quand nous sommes arrivés, nous avons invité nos voisins de palier pour un apéritif. Plus tard, ce sont eux, sachant que Hervé et moi sommes instituteurs, qui sont venus nous voir pour parler de l’orientation scolaire de leur fils.
Par ailleurs, dans le cadre de la formation au séminaire, nous avons une “insertion sociale” : permanence d’écrivain public et d’aide à la lecture, comité de locataires, alphabétisation… Petit à petit, nous prenons des contacts, les gens nous repèrent. C’est ainsi que nous avons été à l’origine de l’opération “Immeuble en fête” cette année, puis, à la demande des enfants, d’un goûter pour fêter la fin de l’année scolaire.
F. O. : Nous ne sommes pas là pour agir en notre nom propre. Nous savons que nous sommes de passage. Nous veillons donc à travailler là où il y a des structures pour que ce que nous aurons impulsé avec d’autres continue après notre départ.

— Qu’est-ce que cela vous apporte de vivre ainsi ?
F. O. :
Du point de vue de la formation, c’est important de vivre en communauté. Être attentif à l’autre, c’est notre premier lieu de mission. Nous nous recevons de l’autre, en cheminant ensemble vers le ministère : nous partageons ce que nous découvrons, chacun à notre rythme. Il y a aussi une dimension d’interpellation réciproque qui nous permet de nous ajuster. Et aussi, bien sûr, un soutien humain, une présence, de l’amitié.
Notre présence dans la cité est aussi essentielle pour l’Église. C’est important que des gens soient présents en dehors des circuits “cathos”, d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’individus isolés. Comme communauté d’Église, nous avons à être signes de la présence du Christ ici. Josée, une mamie de 85 ans, a ainsi trouvé “génial” que l’Église s’intéresse à ce que vivent des jeunes des cités. Et puis, quand nous prions ensemble, nous le faisons avec les visages des gens que nous rencontrons tous les jours. Et ça, ça n’est pas rien. •

fermer