Le parcours de formation

 

Jacques, commence sa 4e année de séminaire. L’an dernier, il a quitté son travail professionnel pour rejoindre une des communautés de séminaristes et poursuivre à plein temps sa formation théologique.

— Comment se déroule la formation au séminaire de la Mission de France ?
Elle dure sept ans. Les deux premières années, on garde son travail et son appartement. La formation est assurée par des sessions, des soirées hebdomadaires, des week-ends et la participation à une équipe de partage. Ensuite, les études théologiques à temps plein commencent, à l’Institut catholique de Paris et au Centre Sèvres. On emménage alors dans un des appartements du séminaire en banlieue parisienne. Puis, entre l’ordination diaconale et l’ordination presbytérale, on est envoyé dans une Équipe de Mission et on reprend une activité professionnelle.

— Comment as-tu vécu en parallèle vie professionnelle et entrée au séminaire ?
Ça n’a pas été une période facile ! J’étais cadre dans une entreprise, le Comité d’Aide Médicale, qui intervient notamment dans les pays en guerre ou après des catastrophes naturelles. Un travail sous pression, qui demande une grande flexibilité dans les horaires !
Mon travail a nourri ma vie spirituelle et réciproquement. C’est cette expérience, entre autres, qui m’a attiré à la Mission de France. Je crois en cette présence de l’Église dans les lieux où elle est souvent absente. Être disponible pour des relations fraternelles avec des collègues permet de véhiculer les valeurs de l’Évangile sans forcément faire référence à la foi. Voir ainsi Dieu à l’œuvre dans le monde a nourri ma propre foi.

— Arrêter de travailler l’an dernier a dû te sembler difficile alors ?
C’est vrai que ce travail représentait beaucoup pour moi. Ce n’est pas évident d’arrêter une carrière professionnelle qui offre cette ouverture sur le monde, avec des enjeux passionnants et une telle dimension relationnelle. Mais j’avais longuement mûri ce choix et ne l’ai donc pas vécu douloureusement. De plus, la transmission s’est bien passée. Rien de tel que la vie professionnelle pour vous apprendre que nul n’est irremplaçable !
Cela a aussi été l’occasion d’ouvrir d’autres types de relations avec mes collègues de travail, que je continue à voir. Depuis que j’ai annoncé mon départ et la raison de celui-ci, nos conversations ont gagné en profondeur.
Au niveau spirituel, il me faut maintenant vivre les choses autrement. J’ai plus de temps pour découvrir les intuitions de la Communauté Mission de France et vivre en équipe. C’est très enrichissant d’appartenir à une famille spirituelle. De plus, mon insertion pastorale à Ivry-sur-Seine dans l’accompagnement d’adultes vers la confirmation me permet d’aborder un visage de l’Église nouveau pour moi.
Et ce qui est très positif, c’est que je n’ai pas eu l’impression d’arrêter de travailler pour entrer dans un processus de formation standard. Comme pour les autres séminaristes, les choix que je suis amené à faire sont toujours posés dans le cadre d’un dialogue avec l’équipe de vie et le supérieur du séminaire de formation. Nous nous donnons vraiment ainsi les moyens de creuser ensemble la vocation de chacun pour qu’elle porte du fruit. •

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