Hughes, Isabelle, Marie-Odile, membres de la Communauté Mission de France, ont donné leurs témoignages dans LA VIE pour le dossier du n° 3319 du 9 avril 2009 « Pourquoi je suis catholique ».
Hughes Ernoult, médecin bibliste en banlieue parisienne :
« Touché par l’autre »
Chez d’autres, les années lassent, érodent les enthousiasmes les plus fervents. Chez Hughes Ernoult, c’est tout le contraire. Vingt ans d’animation de groupes bibliques ont renforcé la foi de ce médecin de 55 ans, qui a choisi d’exercer auprès d’une population défavorisée, en Seine-Saint-Denis, dans un centre de PMI (protection maternelle et infantile). « Mes deux activités se nourrissent l’une de l’autre, explique-t-il. Le trait d’union, c’est la rencontre. Dans la Bible, on en trouve à toutes les pages. Quand on se laisse scandaliser par l’injustice, toucher par l’autre, alors, Dieu se révèle. » Plus jeune, il s’est posé la question d’être moine ou prêtre. Â la Mission de France, il a trouvé « une vraie mystique dans la contemplation active de l’homme ». Marié, père de quatre grands enfants, Hughes Ernoult coordonne l’un des réseaux santé de ce diocèse qui accueille laïcs et prêtres pour vivre l’Évangile dans la vie quotidienne. L’avenir de l’Église ? « Il n’est pas à Rome dans les mains des grands, mais chez les petits, les fragiles. Bien sûr, je souffre du message nostalgique que nous renvoie le Vatican. Nous avons un pape et une partie de l’Église qui n’aiment pas le monde tel qu’il se construit, ce qui n’est pas très évangélique. Mais je crois que nous traversons une période pascale : il faut peut-être qu’une certaine Église meure pour qu’une autre puisse naître. »
Isabelle Salembier, enseignante :
« Mon mode de vie »
Sa foi, cette jeune femme de 33 ans l’exprime surtout à travers son engagement à la Mission de France, dans un groupe à Saint-Victor-sur-Rhins dans la Loire. Cette année, elle a organisé un grand rassemblement en Isère, « Pâques à l’aube ». « Je n’ai guère eu le temps de m’intéresser aux débats sur les propos du pape. Je me méfie des fausses discussions. J’aime plutôt l’Église pour sa capacité à témoigner de l’essentiel. » Pour elle, Pâques offre une bonne occasion pour rejoindre les non-croyants, car chacun peut se sentir concerné « lorsque l’on évoque l’absence, l’abandon ». De même, la Résurrection invite à réfléchir « sur la façon de vivre la crise, en incitant à trouver un mode de vie en accord avec les valeurs de l’Évangile ». L’Église invite à « vivre une confiance humble et forte, et non une espérance anesthésiante qui protégerait des aléas de l’existence ».
Marie-Odile, enseignante :
« L’Evangile est une rencontre »
« Parce que je crois que nous sommes tous frères en Jésus-Christ, je suis consciente que chaque homme autour de moi est important. L’Evangile n’est pas une morale, mais une rencontre. Je suis attachée à une lecture communautaire, partagée de cette Parole qui nous renvoie sur nos terrains, nous appelle tous à être attentifs à nos frères. » |